La présence d'une faune diversifiée caractérise le bassin versant des Lacs médocains

Fadet des Laîches (Coenonympha oedippus)

► Les Mammifères

La mammalofaune est très diversifiée sur le territoire des lacs médocains à l’image de la diversité des habitats représentée.
En effet, pas moins de 33 espèces y ont été recensées en dehors des chiroptères.
Sanglier (Sus scrofa)

















La grande faune telle que le cerf élaphe (Cervus elaphus), le sanglier (Sus scrofa) ou le chevreuil (Capreolus capreolus), est bien représentée dans les zones de dense couvert forestier.


En milieu pluristratifié et en lien étroit avec le réseau de cours d’eau et fossé ce sont les micromammifères qui trouvent les conditions propices à leur développement. Les espèces présentes sont le campagnol des champs et agreste, le Mulot sylvestre et le Campagnol roussâtre, le Campagnol amphibie ou la Crossope aquatique (toutes deux protégées en France par l’article 2 de l’arrêté du 23 avril 2007).

Deux espèces semiaquatiques à fort intérêt patrimonial sont également présentes sur le secteur :
- De nombreux indices de présence mettent en évidence la Loutre d’Europe (Lutra lutra), omniprésente sur le site d’étude.
Loutre d\'Europe (Lutra lutra)
- Plusieurs observations ont été répertoriées ces dernières années en pourtour des Lacs Médocain de Vison d’Europe (Mustela lutreola).
 
De plus, sur les lacs médocains, l’existence de gîtes (charpentes ou bâtiment abandonnés, arbres morts), de corridors de déplacement (ripisylves, forêts etc.), de zones humides et de zones de chasse procurent les conditions propices à l’établissement de chauves-souris.
 
Sur les communes du bassin versant des lacs médocains, 13 espèces ont été recensées parmi lesquelles quatre possèdent un statut patrimonial particulier : la Barbastelle d’Europe, le Grand Rhinolophe, le Petit Rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées.
La Barbastelle d’Europe est une espèce dite forestière qui gîte en général dans les arbres, et souvent dans les arbres morts (contrairement aux autres espèces forestières). Les 3 autres fréquentent les paysages à mosaïque semi-ouverte à forte diversité d’habitats. Elles gîtent davantage dans les cavités naturelles (type grotte) et le bâti (granges, vieux châteaux, églises…).

► Les Oiseaux

La richesse de la mosaïque paysagère du bassin versant des Lacs Médocains abrite une avifaune remarquable et très diversifiée.
Les zones humides en particulier sont un lieu d’hivernage et de nidification pour de nombreuses espèces.
Vanneau huppé (Vanellus vanellus)
Vanneau huppé (Vanellus vanellus), Courlis cendré (Numenius arquata) et Echasse blanche (Himantopus himantopus) y trouvent les conditions propices à leur établissement en période de reproduction.
Echasse blanche (Himantopus himantopus)
On y retrouve également des espèces paludicoles comme les Rousserolles, Locustelles, Bouscarle, Phragmite des joncs ou Bruant des roseaux.
En halte migratoire ce sont de nombreuses espèces qui viennent fréquenter la zone et en particulier la Réserve de Cousseau: Grue cendrée, Canard colvert, Sarcelle d’hiver, Oie cendrée, Grand cormoran, Héron cendré, Balbuzard pêcheur, Bécasse des bois, Râle d’eau, Tarier pâtre, Pigeon ramier …
 Grue cendrée (Grus grus)
De nombreux rapaces fréquentent également ces espaces, notamment les Busards Saint-Martin, cendrés et des roseaux, le Milan noir ou encore le Faucon hobereau. Ces derniers bénéficient de l’alternance de secteurs boisés et de zones dégagées qui lui procurent des lieux de nidification et des territoires de chasse.
 
La mosaïque d’habitat ne semble pas être la seule source de diversité avifaunistique car les monocultures de pins maritimes sont bien fréquentées par certains rapaces forestiers en particulier la Buse variable, la Bondrée apivore ou l’Epervier d’Europe ainsi que les Pics épeiche, noir et épeichette. Des espèces plus rares comme l’Autour des palombes fréquente également certains massifs de même que le Circaète Jean-le-Blanc. Les landes sèches et buissonnantes ainsi que les espaces ouverts infraforestiers (comme certaines zones de coupes forestières) constituent des zones de nidification et d’alimentation favorables à l’Engoulevent d’Europe ou à la Pie grièche écorcheur.

Accèdez aux rapports annuels de suivi des limicoles nicheurs sur les zones humides des lacs médocains.

Les reptiles 

15 espèces de reptiles sont présentes sur le bassin versant des Lacs médocains, parmi lesquelles on trouve la Cistude d’Europe, espèce patrimoniale, le lézard vert occidental, le lézard ocellé ou encore la vipère aspic.
Cistude d\'Europe (Emys orbicularis)
La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) est présente sur l’ensemble du réseau hydrographique, hormis sur les lacs en eux-mêmes, trop profond pour ces exigences écologiques.
 
A noter également la présence de deux autres espèces de tortue qui sont invasives.

► Les amphibiens

L'omniprésence de l'eau sur le bassin versant offre des conditions propices à la présence d'amphibiens dont 11 espèces ont été recensées.
Une grande partie de ces espèces reste commune dans cette région de plaine ou sur le territoire national ; c’est le cas par exemple du Crapaud épineux (Bufo spinosus), la Grenouille agile (Rana dalmatina), de la Grenouille verte (Pelophylax sp), de la Rainette méridionale (Hyla meridionalis). Le territoire des Lacs Médocains possède la particularité d’être au carrefour des aires de répartition de trois espèces cousines à savoir, la Rainette méridionale, la Rainette verte (Hyla arborea) et la Rainette ibérique (Hyla molleri) ; ces trois espèces se développent ici en sympatrie c'est à dire sur la même aire de répartition mais en l'absence d'hybridation entre les deux.

A noter également la présence d’espèces patrimoniales, assez peu communes comme le Triton marbré (Triturus marmoratus) voire rare dans le Médoc comme l’Alyte accoucheur (Alytes obstetricans).

► Les poissons

L’anguille (Anguilla anguilla) fait l’objet d’études poussées sur le bassin versant. Fort d’un potentiel écologique considérable, le réseau hydrographique des Lacs Médocains est susceptible d’abriter de riches peuplements d’anguilles. En effet, après trois ans de migration dans l’océan, les civelles remontent les cours d’eau pour assurer leur croissance en eau douce jusqu’à l’âge de 5- 10 ans, avant de migrer de nouveau vers la mer pour se reproduire.
Anguille (Anguilla anguilla)Ce poisson migrateur aujourd’hui protégé fréquente notamment les canaux principaux (canal du Porge et canal des Etangs), ainsi que les principales crastes et roselières. Toutefois, le braconnage de la civelle constitue une menace réelle de régression de l’anguille européenne sur l’aire d’étude.
 
Le Canal du Porge et le Canal des Étangs constituent un axe migrateur privilégié pour l’anguille.

Cet axe a fait l’objet de nombreux travaux de restauration et d’aménagement depuis 2004 via la réalisation de passes sur les différentes écluses des deux canaux principaux (rampe inclinée, cloison en chicanes…).

Le brochet (Esox lucius) fréquente également le réseau hydrographique des Lacs Médocains.
Ce chasseur sédentaire et solitaire affectionne en particulier les cours d’eau à courant lent et surtout les prairies inondables où il se reproduit. Protégé, il souffre aujourd’hui essentiellement de la destruction de frayères (herbiers, roselières). Aussi, la sauvegarde de ces zones humides, notamment les espaces de confluence des crastes sur les étangs, recouvre un enjeu considérable pour le développement ou du moins le maintien de ce poisson qui est également utilisé comme indicateur de bonne qualité de milieu aquatique dans le cadre de la mise en place de la gestion piscicole.

Le cortège d'espèces floristiques patrimoniales qu'abrite le territoire des Lacs médocains en fait sa richesse

► La végétation terrestre

Les espèces dominantes pour les ligneux sont : Pin maritime (Pinus pinaster), Chêne pédonculé (Quercus robur), Chêne vert (Quercus ilex), Bouleau blanc (Betula alba), Saule roux (Salix acuminata), Arbousiers commun (Arbutus unedo) et la Bourdaine (Frangula alnus). Dans les pinèdes anciennes, le sous-bois est essentiellement composé d'Arbousiers et de Chênes verts et pédonculés.
On trouve également des peuplements de jeunes Pins qui comportent un sous-bois constitué de Fougères aigles (Pteridium aquilinum), d'Ajoncs d'Europe (Ulex europaeus) et de Bruyères (Calluna vulgaris, Erica cinerea et Erica scoparia). Il faut aussi ajouter Erica tetralix qui, bien qu’elle soit localisée dans la lande humide forme un peuplement très dense et en expansion. Les autres herbacées les plus rencontrées sont la Molinie bleue (Molinia caerulea) et le Cirse des prairies (Cirsium dissectum).
Bruyère méditerranéenne (Erica mediterranea)

► La végétation aquatique
 
L’étude de 2011 de l’IRSTEA a répertorié 55 taxons de macrophytes sur les rives du lac de Carcans- Hourtin (42 sur la rive Est). Parmi ces 55 taxons, 35 sont des hélophytes, 14 sont hydrophytes et 3 amphibies.

 
Roseau commun (Phragmites australis)Sur plus de deux tiers des rives du lac de Carcans-Hourtin deux espèces d’hélophytes forment les roselières : le Roseau commun (Phragmites australis) qui est l’espèce la plus présente sur la rive Ouest et le Scirpe piquant (Schoenoplectus pungens) qui est l’espèce la plus présente de la rive Est. Chara fragifera, espèce hydrophyte est présente sur plus de la moitié des rives.

La Littorelle à une fleur (Littorella uniflora) et la Lobélie de Dortmann (Lobelia dortmanna), deux hydrophytes protégées et inscrites à l’Annexe II sont bien représentées ici puisqu’elles sont présentes sous forme de petits herbiers sur 30 à 40% des secteurs.




► Espèces protégées et d’intérêt patrimonial
 
Faux cresson de Thore (Caropsis verticillatinundata)Le Faux cresson de Thore (Caropsis verticillatinundata) est endémique de la région atlantique franco-lusitanienne. Elle est adaptée aux eaux fluctuantes et assez régulièrement observée sur les rives des lacs de Lacanau et de Carcans-Hourtin. Elle est également abondante à Cousseau dans la lande et le marais où elle a été favorisée par la réouverture du milieu et la restauration du marnage annuel qui est nécessaire pour sa survie. Ces importantes colonies de Faux cresson de Thore constituent à elles seules un élément ayant justifié l’intégration des sites au réseau Natura 2000.














Le Flûteau nageant (Luronium natans) a été observé dans le Palu de Molua en 2008 et dans plusieurs cours d’eau autour des lacs (Queytive, Lambrusse). ►Flûteau nageant (Luronium natans)

 

L’Isoète de Bory (Isoetes boryana), plante endémique des étangs du littoral aquitain est une espèce protégée sur le territoire national ainsi que par une directive européenne. La seule mention de cette espèce sur les Lacs médocains date de 2008 avec une observation dans l’anse de Piqueyrot à Hourtin. Elle n’a pas pu être observée à nouveau ni par l’IRSTEA en 2011 ou le CBNSA en 2012 et 2014 malgré des recherches approfondies.





► Les espèces patrimoniales

Parmi les espèces végétales identifiées, une vingtaine sont retenues comme patrimoniales ; le Faux Cresson de Thore (Caropsis verticillatinundata) est la seule espèce qui soit également d’intérêt communautaire. Plus de 32 % du linéaire total des rives du lac de Lacanau et plus de 40 % de celui du lac de Carcans-Hourtin abritent au moins une espèce patrimoniale.

La Lobélie de Dortmann (Lobelia dortmanna) est une espèce protégée en France. Elle est présente sur les rives Est et Ouest des lacs. L’étude de 2011 de l’IRSTEA a permis de l’observer sur 38% des rives du lac de Carcans Hourtin et 25 % des rives du lac de Lacanau.


La Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis) est une orchidée figurant dans l’annexe IV de la Directive habitat des « espèces d’intérêt communautaire nécessitant une protection stricte ». Elle est présente dans le marais de Talaris et de la Berle. ►Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis)



La Parnassie des marais (Parnassia palustris) est protégée en Gironde. Elle n’est présente qu’au niveau des landes de la rive Est du lac de Lacanau sur les sites de Vignotte et de Talaris. Les habitats riverains du lac de Lacanau lui semblent plus favorables car le marnage y est plus faible que sur Carcans-Hourtin, avec maintenant une humidité plus importante à l'étiage.
Parnassie des marais (Parnassia palustris)




La Littorelle (Littorella uniflora) est présente sur toutes les rives des lacs médocains. Cette espèce est protégée au niveau national. On la trouve sur 38% des rives du lac de Carcans-Hourtin et 20% des rives du lac de Lacanau. Elle avait disparue de la réserve de Cousseau au début des années 1980 et a été ré-observée (un pied) en 2011 au niveau de Talaris.
 

Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe)La Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe) est une espèce typique et caractéristique de la lande humide. Elle est protégée et en régression en Gironde suite au drainage et à la plantation de Pins dans la lande. En outre, elle est la plante-hôte exclusive d’un papillon protégé et très menacé en Gironde (l’Azuré des mouillères). Des stations de quelques individus jusqu’à plusieurs centaines sont connues sur les rives Est des Lacs Médocains : marais de Talaris, Cousseau, Devinas, le Pouch, St-Hélène…

 

 




Drosera intermédiaire (Drosera intermedia)La Drosera intermédiaire (Drosera intermedia) est une plante carnivore protégée au niveau national. Elle est abondante en Aquitaine, et présente sur les Lacs médocains de façon très étendue et régulière sur toutes les rives Est, ainsi que sur les bords de mares, dans les fossés et les crastes. Elle est largement répandue sur certains secteurs de la RBD de Lacanau (Vire vieille, Vignotte).









Accèdez aux différents rapports concernant la Flore sur les lacs médocains et leurs zones humides.
 

Dans le cadre de ses missions le SIAEBVELG réalise des suivis floristiques et faunistiques, mais nous n'avons pas l'oeil partout !
Si vous avez des observations d'espèces particulières ou en des sites originaux, n'hesitez pas à remplir ce formulaire pour nous communiquer vos observations. Ceci peut tout particulièrement s'adresser aux suivis des limicoles nicheurs ou de la flore patrimoniale précèdemment décrite.

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