Relevé mensuel des niveaux d'eau de février 2026 et premier bilan de la période d’inondations

Relevé mensuel des niveaux d'eau de février 2026 et premier bilan de la période d’inondations

Le relevé mensuel des niveaux d'eau de février 2026 et premier bilan de la période d’inondations
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niveau d'eau du lac de Hourtin-Carcans
- niveau d'eau du lac de Lacanau
niveau d'eau de la nappe à Brach
niveau d'eau du cours d'eau de l'Eyron
pluviométrie 

Précipitations

Les précipitations du mois de février, 199 mm sur le site de Matouneyres à Carcans, correspondent à une valeur importante pour ce mois. Ces pluies ont été localement encore plus abondantes et se cumulent avec les fortes précipitations du mois de janvier. Les cumuls depuis le début de l’année dépassent ainsi les 400 mm de pluies sur de nombreux secteurs du territoire, soit plus de 400 litres d’eau au mètre carré ou encore 400 millions de m3 d’eau à l’échelle du bassin d’alimentation des lacs : 8 fois le volume total du lac de Lacanau.

Ces précipitations ont été particulièrement fortes sur notre territoire puisque les stations officielles de Météo France à Lacanau et Salaunes enregistrent les records de précipitations pour ce début d’année à l’échelle de la Gironde.

Ces pluies sont tombées de façon quasi interrompue entre le 15 janvier et le 20 février avec deux épisodes particulièrement marquant, la nuit du 9 au 10 février avec de l’ordre de 30 mm de pluies en quelques heures et le 15 février avec 35 mm de pluies également en quelques heures.

 

Nappe phréatique des sables

La nappe phréatique sur notre territoire correspond à l’eau présente dans le sable. Cette nappe des sables est restée affleurante en surface du 25 janvier au 20 février. Elle a été saturée par les 100 premiers millimètres de pluies tombés entre le 15 et le 25 janvier. Ces 100 mm de pluies correspondent à 100 litres d’eau au mètre carré qui est la quantité observée pour saturer nos sols en eau en hiver.  Une fois que cette nappe est affleurante en hiver, elle ne baisse que très lentement, car la vitesse d’écoulement des eaux dans les sols sableux est lente. On estime ainsi que seuls 2 litres par jour et par mètre carré réussissent à s’écouler vers les fossés. Ainsi, si après la saturation des sols en hiver, les pluies sont supérieures à 2 mm par jour, la nappe ne baisse plus et reste en surface, ce qui a été le cas jusqu’au 20 février.

Pendant ces périodes de nappe affleurante, les pluies qui tombent sur les parcelles ne circulent plus par le sol, mais ruissellent en surface ce qui accélère nettement la circulation des eaux et provoque des crues sur les cours d’eau. Pour donner des ordres de grandeur, les pluies de 30 mm observées à deux reprises en quelques heures, représentent sur un terrain pavillonnaire de 1000 m², 30 m3 d’eau ; pour une parcelle forestière d’un hectare, 300 m3 ; et enfin 30 millions de m3 d’eau tombés en quelques heures autour des lacs avec comme comparaison le lac de Lacanau qui a un volume de 50 millions de m3 d’eau.

La nappe des sables a commencé à baisser à partir du 23 février mais de façon lente comme expliqué précédemment. Le territoire reste donc sensible à des inondations tant que cette nappe restera à des niveaux élevés. La baisse du niveau de la nappe ne va réellement être significative qu’au milieu du printemps quand toute la végétation et la forêt vont utiliser l’eau de cette nappe. Elle pourra alors baisser de plusieurs centimètres par jour.

Cours d’eau et fossés

Sur les cours d’eau et les crastes, les débits ont été modérés jusqu’au 25 janvier. En effet, tant que les eaux de la nappe s’écoulent en passant par les sols, elles sont nettement freinées par le passage de cette eau à travers le sable. Ainsi tant que l’eau de la nappe n’est pas visible en surface et circule sous de la surface du sol, le débit arrivant vers les lacs est de l’ordre de 2 millions de m3 d’eau par jour ce qui peut être facilement écoulé par les capacités de canal des étangs jusqu’au Bassin d’Arcachon.

Au moment des fortes pluies et le débordement de la nappe en surface, l’eau ruisselle en surface et vient rapidement saturer le réseau de fossés et de crastes. C’est une caractéristique de notre territoire qui s’explique simplement. On sait en effet qu’il existe de l’ordre de 9 000 km de fossés et de crastes sur le bassin d’alimentation des lacs qui représente 90 000 ha en enlevant les lacs eux-mêmes. On a ainsi de l’ordre de 100 ml de fossé par hectare de forêt. Ces fossés mesurent en moyenne 1 mètre de large et peuvent recueillir 0.5 m de hauteur d’eau. Leur capacité de stockage de l’eau est donc d’environ 50 m3/ha. Au moment d’un épisode pluvieux important de 30 mm de pluies, il arrive 300 m3 d’eau par hectare vers les fossés. Ils sont alors saturés rapidement par l’eau de débordement de la nappe, car les 50 m3 de stockage possible ne peuvent recueillir ces 300 m 3 qui arrivent en quelques heures.  Les crues sur les cours d’eau qui récupèrent ces débordements de la nappe sont alors dépendantes de l’intensité des pluies tombées.

On a ainsi une crue des cours d’eau qui a duré du 25 janvier au 23 février, durée du débordement de la nappe et avec deux pics majeurs de crue, après le 10 février et à nouveau après le 15 février. Les cours d’eau du territoire ont une bonne capacité d’écoulement des eaux, dépassant les 10 millions de m3 d’eau par jour. Ainsi même après les fortes pluies, les eaux de débordement de la nappe qui ont saturé les fossés sont transférées en 2 ou 3 jours vers les lacs et les niveaux dans ces fossés baissent alors assez rapidement dès que les pluies baissent en intensité.

Lors de ces crues des cours d’eau, les débits alimentant les lacs sont toutefois supérieurs aux capacités d’écoulement par le canal des étangs jusqu’au Bassin d’Arcachon et l’eau excédentaire est alors stockée sur les lacs et leurs marais. Les débits entrant dans les lacs et le canal ont ainsi par moment dépassé les 10 millions de m3 d’eau par jour alors que le canal peut écouler de l’ordre de 5 millions de m3 d’eau par jour.

 

Lac de Hourtin-Carcans

Le niveau du lac de Hourtin-Carcans était à la côte de 14.30 m NGF avant le début de la crue des cours d’eau, soit la valeur attendue pour cette période de l’année. Les vannes de l’ouvrage hydraulique du Montaut à la sortie du lac étaient alors régulées pour maintenir ce niveau d’eau.

A partir du 25 janvier, les apports des cours d’eau arrivant dans les lacs étant supérieurs aux capacités d’écoulement du canal, de l’eau a été stockée sur le lac pour préserver les communes de l’aval des inondations tout en régulant la montée des niveaux d’eau entre les deux lacs.  De l’eau a également été stockée dans les marais autour du lac et du canal, en particulier dans la Réserve de l’étang de Cousseau.

Le niveau du lac de Hourtin-Carcans a ainsi augmenté de 0.49 m pendant cet épisode pluvieux qui a duré plus d’un mois, pour atteindre 14.79 m NGF. Ce niveau d’eau est un peu inférieur aux crues des hivers 1982, 1988 et 1994 et nettement inférieur à l’inondation maximum connue de janvier 1961 mesurée à 15.35 m NGF. Après la fin des crues sur les cours d’eau, le niveau du lac a commencé à baisser, il pourrait retrouver un niveau attendu pour la saison autour de 14.45 m NGF vers la mi-mars.

 

Lac de Lacanau

Le niveau du lac de Lacanau était à la côte de 13.30 m NGF avant le début de la crue des cours d’eau, soit la valeur attendue pour cette période de l’année. Les vannes de l’ouvrage hydraulique de Batejin à la sortie du lac étaient alors régulées pour maintenir ce niveau d’eau.

A partir du 15 janvier, l’ouvrage a été ouvert en totalité pour permettre d’atteindre l’écoulement maximum vers le Bassin d’Arcachon tout en évitant les débordements au Porge et à Lège Cap-Ferret. Les apports des cours d’eau étant toutefois supérieurs aux capacités d’écoulement du canal, le lac de Lacanau est monté de 0.91 m atteignant une côte de 14.21 m NGF.  Ce niveau d’eau est un peu inférieur aux crues des hivers 1982, 1988 et 1994 et nettement inférieur à l’inondation maximum connue d’hiver 1961 mesurée à 15.05 m NGF. Après la fin des crues sur les cours d’eau, le niveau du lac a commencé à baisser, il pourrait retrouver un niveau attendu pour la saison autour de 13.40 m NGF vers la mi-mars.

 

Canal du Porge et de Lège Cap-Ferret

Les écoulements sur le canal du Porge et de Lège ont été modérés jusqu’au 15 janvier. Ils ont ensuite fortement augmenté pour atteindre un niveau de crue exceptionnelle à partir du 10 février et jusqu’à la fin du mois.

Les nouveaux ouvrages aménagés à Batejin, Joncru, Langouarde et au Pas du Bouc ont permis de réguler cette crue majeure sans pour autant provoquer de débordements à Lège Cap-Ferret au moment de la grande marée et de la tempête Pédro le 26 février.

 

Il est également à noter que la conception de ces ouvrages avec des clapets totalement rabattables pendant les crues a permis d’éviter toute formation d’embâcles sur les ouvrages et ce, malgré la succession de tempêtes et d’arbres et de branches tombés dans le canal. Les ouvrages ont également parfaitement tenu pendant cette crue majeure et seules des berges non encore stabilisées et végétalisées sur les derniers aménagements se sont érodées. Ces érosions n’ont toutefois aucune incidence sur la stabilité et le fonctionnement des ouvrages.

Le débit sur le canal du Porge et de Lège va rester important jusqu’au milieu du mois de mars avec le retour aux niveaux attendus pour la saison sur les lacs.

 



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